transgenreTransgenre, transsexuel ?

Dans le langage courant, le mot transsexuel s’impose. Il désignerait les individus qui désirent changer de sexe. Un homme transsexuel désirerait avoir un corps de femme. Une femme transsexuelle désirerait avoir un corps d’homme.

L’usage et le sens de ce mot sont totalement inadéquats au regard du vécu des personnes trans.

D’abord, le mot transsexuel est mal choisi. L’usage du suffixe « sexuel » laisse entendre que la question trans est :

  • Soit une affaire de sexe, de génital. Comme si la question fondamentale de la personne trans était d’avoir un clitoris ou un pénis.
  • Soit une affaire de sexualité et de préférence sexuelle (hétéro, homo, bi,…).

Ensuite, le sens du mot transsexuel ne définit en aucun cas le vécu des personnes trans.  Car, la personne trans ne désire pas changer de sexe pour changer de sexe.  Le mot « transgenre » recouvre mieux la réalité vécue par la personne trans.  En effet, la question est affaire de genre.

 Le genre est une construction sociale :

Dans une société qui lie fortement genre et organe génital, cette question est compliquée à penser. Car nous avons été éduqué, et toute notre société se construit, sur la distinction entre homme et femme avec le lien intrinsèque un homme = pénis et une femme = vagin.

Mais ce lien homme = pénis et femme = vagin n’est pas une donnée de toutes les cultures. Par exemple, chez les Inuits le genre et le sexe biologique ne coïncident pas nécessairement.

Fille-ou-garcon échographie différenciation sexuelle

Etape de la différenciation sexuelle

Et la classification des êtres humains en homme ou femme est une classification réductrice qui ne permet pas à de nombreuses personnes d’être reconnues dans leur singularité. L’exemple le plus marquant est celui des personnes intersexes.

Les personnes intersexes sont des personnes dont on ne peut identifier le sexe à la naissance. On n’en connait pas le nombre exact car ce sujet reste tabou et l’enfant est opéré dès la naissance pour cacher sa singularité. L’opération consiste donc à faire rentrer l’enfant dans la vision binaire (homme-femme) de notre société. Alors que cette réalité de l’intersexe pourrait permettre de revoir la théorie du genre binaire.

Le genre est donc une construction socio-culturelle avec des critères bien définis. Il s’agit pour les individus d’entrer dans l’une ou l’autre des catégories.

Par exemple, si vous croisez une personne dans la rue avec de la barbe et une poitrine. Votre esprit (qui a été éduquer à classer sur un mode binaire) ne va pas pouvoir faire avec ces deux informations car vous avez appris qu’une femme n’a pas de barbe et qu’un homme n’a pas de sein.

Pourtant certaines femmes ont de la barbe et se voient contraintes de la cacher. (C’est pourquoi actuellement dans notre culture, nous en voyons peu. Mais posez la question à une esthéticienne). Certains hommes ont de la poitrine et sont malmenés par leur groupe de pair pour cette particularité.

 La construction sociale de genre maltraite :

En fait, la construction sociale des catégories de genres maltraitent une grande majorité de la population. Mais, nous sommes tellement entourés de cette maltraitance que nous ne la percevons plus.  Nous les femmes devons, pour être considérées de vraies femmes, être douces, élégantes, épilées… Nous les hommes devons, pour être considérés comme de vrais hommes, être forts, indépendants, imposants, avec une belle carrure…  Et, l’on tente comme on peut de faire rentrer notre corps, notre comportement dans le critère social.  Au lieu de remettre en question notre mode de classification binaire, nous préférons maltraiter nos corps, réprimer certains comportements.

Parfois, il nous suffit de nous épiler pour rentrer dans le critère. Parfois, le prix est trop important et la personne à force de se soumettre à cette construction sociale, s’éloigne trop de ses ressentis, de son identité.

Le transgenre libère l’humain des catégories sociales binaires : 

Il y a deux genres dans la culture. Dans la nature c’est chacun son genre.  La personne transgenre est plus proche de la complexité de l’être humain. Il est plutôt rare d’être 100% homme ou 100% femme.

Le combat que mènent les transgenres pour être respectés dans notre société, n’est pas un combat de personnes transgenres. Il est un combat pour le droit d’être soi.

Il est un combat pour le droit d’être un individu dans toute sa complexité. Il est le combat de tous les individus qui désirent être des êtres humains libres de toutes dominations sociales maltraitantes.

isolementAlors pourquoi le transgenre est malade :

Il est fréquent que la personne transgenre souffre de phobie sociale, d’anxiété, de dépression, …  Tous ces troubles ne sont pas directement lié au fait d’être transgenre mais seulement au fait de vivre de la discrimination.  C’est donc le rejet dont sont victimes le transgenre qui le rendent malades.  En effet, les recherches montrent que les personnes transgenres qui bénéficient d’un entourage soutenant sont en bonne santé.

Références :

Budge, S. L., Katz-Wise, S. L., Tebbe, E. N., Howard, K. S., Schneider, C. L., & Rodriguez, A. (2013). Transgender emotional and coping processes: Facilitative and avoidant coping throughout gender transitioning. The Counseling Psychologist, 41(4), 601-647. doi:10.1177/0011000011432753

Budge, S. L., Adelson, J. L., & Howard, K. S. (2013). Anxiety and depression in transgender individuals: The roles of transition status, loss, social support, and coping. Journal Of Consulting And Clinical Psychology, 81(3), 545-557. doi:10.1037/a0031774

Sironi, F., Psychologies des transsexuels et des transgenres, Paris, Odile Jacob, 2011.

http://www.genrespluriels.be

Vidéo en anglais et en français :

En anglais : http://www.genrespluriels.be/Being-a-trans-person-in-a-two

En français : https://www.youtube.com/watch?v=T1kLO1MLxaY

Pour toutes informations complémentaires :

Maltier Paule-Rita

0495/22.74.48

Centre Médical Cap-Santé

Avenue Albert 1er

1342 Limelette